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Antiquité tardive et théologie patristique
Centre Ecritures (EA 3943)

L’équipe de recherche Antiquité tardive et théologie patristique regroupe des patrologues reconnus sur un plan national et international, qui mènent leurs recherches sur des auteurs précis : Irénée, Origène, Ambroise, Augustin et Isidore de Séville.
L’équipe va poursuivre ses recherches dans quatre directions : les grands thèmes théologiques, le rapport entre judaïsme et christianisme chez les Pères, l’étude des sources, l’indexation en ligne de citations bibliques (Biblindex).
Une partie des travaux est publiée dans la collection Recherches en littérature et spiritualité (Peter Lang), dirigée par le centre, et une autre dans la collection Patrimoines des Éditions du Cerf. Les chercheurs collaborent à la revue Connaissance des Pères.

Coordonnateurs : Yves Meessen (MCF 76), Jacques Elfassi (MCF 08).
Mots-clefs : théologie – philosophie – exégèse – commentaire – édition critique – traduction.
Principaux membres titulaires impliqués : Agnès Bastit (MCF HDR 08), Jacques Elfassi (MCF 08), Yves Meessen (MCF 76), Marie-Anne Vannier (PR 76).
Associés : Gérard Nauroy (PR 08, émérite), Gérard Rémy (PR 76, retraité).
Collaborations : chercheurs du Centre Lenain de Tillemont (Paris), des Études augustiniennes (Paris), de l’Université de Macerata (Italie), de l’Université de Fribourg (Suisse), de l’Université de Barcelone
(Espagne) ; collaboration avec la Faculté de théologie protestante de Strasbourg ; projet dans le cadre de la MSH Lorraine.

1. Approche par auteurs et travaux d'édition des textes

a) Ambroise

Gérard Nauroy, en collaboration avec Hervé Savon, étudie la correspondance d’Ambroise. Depuis le colloque international des universités de Saint-Étienne et Lyon 2 en novembre 2009, consacré à la correspondance d'Ambroise, il a été décidé avec l'Institut des Sources chrétiennes, de mettre en chantier une nouvelle édition critique (fondée sur celle de O. Faller et M. Zelzer dans le CSEL, vol. 82, 1-4), avec traduction française, introduction et annotation, de cette correspondance. Une édition en sept volumes est prévue. Ce sera la première édition moderne en France de ce corpus, fondamental pour son contenu exégétique, doctrinal mais aussi politique, comme pour les informations qu'il livre sur le rôle d'Ambroise dans sa circonscription ecclésiastique en Italie du Nord, propre à intéresser les spécialistes des Pères comme les historiens.

b) Augustin

Yves Meessen travaille sur la réception d’Augustin dans la phénoménologie contemporaine. Le résultat de cette recherche vient d'être publié dans un ouvrage intitulé L’être et le bien. Relecture phénoménologique (Éd. du Cerf, coll. Cogitatio fidei, 2011). L’étude se poursuivra à partir de l’expression spatio temporis, qui peut renouveler le regard sur la question du temps déployée par la phénoménologie à partir des Confessions d’Augustin (Husserl, Heidegger, Ricoeur ...).
Dans la ligne de ces recherches antérieures, Gérard Rémy poursuit une étude de christologie en examinant la manière dont Augustin et d’autres Pères, notamment Grégoire de Nazianze, ont appliqué la doctrine de l'union hypostatique au vécu du Christ, à la fois dans sa maîtrise et sa passivité par rapport aux événements.
Marie-Anne Vannier poursuit ses recherches sur Augustin, avec entre autres des articles dans l’ Augustinus Lexikon et un ouvrage de synthèse consacré à Augustin, dans la collection Sagesses aux éditions Entrelacs.
L’étude des sources est révélatrice de la lignée d’un auteur dans la tradition biblique et patristique. Ce faisant, elle permet aussi de mettre à jour son originalité spécifique : c’est dans la réécriture des sources, les variations par rapport aux modèles, que s’affirme la personnalité d’un auteur ou même l’évolution d’un point de doctrine.

c) Isidore de Séville

Dans ce domaine, une des principales tâches qui restent à accomplir est l’étude des sources théologiques d’Isidore de Séville. Cet auteur, qui vécut au VIIe siècle, est considéré comme le dernier Père de l’Église. Héritier d’une double tradition, à la fois classique et patristique, il fut abondamment lu et cité au Moyen Âge. Or son œuvre théologique, très importante, reste mal connue. Les théologiens l’ont négligée au profit d’auteurs plus originaux, comme Augustin ou Thomas d’Aquin, et les latinistes l’ont surtout étudiée pour son rôle dans la transmission de la culture classique. Malgré quelques travaux isolés (comme ceux d’A. Carpin), il n’existe actuellement aucune étude complète des sources patristiques d’Isidore. Comme il est impossible, en cinq ans, de combler totalement un si grand vide, nous proposons deux axes précis de recherche : d’une part l’étude des sources du livre VII des Étymologies (sur Dieu, les anges et les saints), d’autre part la tentative de reconstitution de ce qu’on pourrait appeler la « bibliothèque patristique » d’Isidore (quels livres des Pères connaissait-il ?). Ces deux projets ont déjà été commencés : les sources des chapitres 2 (sur les noms du Christ) et 4 (sur la Trinité) du livre VII des Étymologies devraient faire l’objet de publications rapides de la part de Jacques Elfassi ; un autre article, déjà paru, s’inscrit dans le second axe (« Note sur la survie littéraire du De officiis d’Ambroise : les emprunts d’Isidore de Séville », Vita latina 181, déc. 2009, p. 10-17). Parce qu’il se situe à la fin de la période patristique, Isidore de Séville occupe une place particulièrement intéressante pour cette étude de l'Antiquité tardive.

2. Biblindex

Biblindex (Index en ligne des citations bibliques dans la littérature de l’Antiquité et du Moyen Âge) est un projet de quatre ans, à partir de février 2011, financé par l’ANR et dirigé par L. Mellerin ( Sources chrétiennes, HiSoMA - UMR 5189, Université de Lyon 2) : voir site Internet http://www.biblindex.mom.fr.
Ce projet a pour objectif la construction d’un index exhaustif, en ligne, des citations et allusions bibliques présentes dans les textes juifs et chrétiens, occidentaux et orientaux, de l’Antiquité tardive et de ses prolongements médiévaux. Le but est de créer le premier outil global, multilingue et multicritères concernant les citations dans les manuscrits, la réception et l’interprétation des textes bibliques dans l’Antiquité tardive. Ainsi, deux domaines de recherche jusqu’alors cloisonnés, l’édition du texte critique de la Bible dans ses différentes versions et l’histoire de sa réception pourront se rejoindre. Pour atteindre cet objectif, les chercheurs participant au projet Biblindex doivent prioritairement exploiter l’intégralité des données disponibles dans la collection Sources chrétiennes, mais aussi entreprendre un travail systématique pour des auteurs majeurs absents de cette collection.
Jacques Elfassi est responsable du sous-corpus des auteurs hispaniques : d’une part, les auteurs publiés dans la collection Sources chrétiennes (Pacien de Barcelone, Hydace de Chaves, Valère du Bierzo) ; d’autre part, bien qu’il ne figure pas encore dans Sources chrétiennes, Isidore de Séville.

3. Approche par thèmes

a) Continuité des approches thématiques

Les études sur les grandes thématiques théologiques chez les Pères (Origène, Ambroise, Augustin, Isidore de Séville ...) se poursuivront en direction de la sotériologie, la cosmologie... Après avoir travaillé sur le mystère trinitaire et la christologie, il est apparu important de mettre en évidence le lien entre incarnation et divinisation, qui est un des grands axes de la théologie des Pères. Approcher le mystère de Dieu n’a de sens que s’il est aussi le mystère de l’accomplissement de l’homme. La sotériologie développée par les Pères établit les bases fondamentales de la théologie contemporaine.
Pour ce projet récurrent, colloque annuel avec publication.

b) Rapport entre judaïsme et christianisme à l'époque patristique

Pour étudier le rapport entre judaïsme et christianisme chez les Pères, nous partirons de son lieu d’émergence : l’exégèse. Nous préciserons l’influence de l’exégèse juive sur l’exégèse chrétienne et envisagerons leur interaction à partir d’une étude précise des commentaires que les Pères ont proposés de la Genèse, des Psaumes et d’Isaïe, en faisant appel à des spécialistes reconnus. Ainsi serons-nous amenés à envisager les problématiques interculturelles qui se dégagent de leurs commentaires. Nous verrons aussi s’il y a une interpénétration d’éléments des fêtes juives dans les fêtes chrétiennes ... À partir de là, nous essayerons de redéfinir les identités et les rapports entre judaïsme et christianisme et leur place dans l’Empire romain, puis chrétien, sans en venir au judéo-christianisme, ce qui nous amènera à voir quels ont été les échanges entre communautés juive et chrétienne.
Des études récentes (D. Boyarin, Dan Jaffe ...) ont mis à jour de nouveaux textes documentant le débat entre juifs et chrétiens dans l’Antiquité, notamment des "dialogues" écrits par des chrétiens. Ces nouvelles recherches permettent de porter un regard neuf sur l’histoire de la controverse. Depuis le Dialogue avec Tryphon de Justin, il est apparu que l’Écriture était un lieu à la fois de rapprochement et de confrontation entre les deux communautés.
Il est vrai que la polémique religieuse antique a donné lieu à des exposés ou des homélies intitulées Contre les Juifs ( Adversus Iudaeos). Parfois virulents, comme chez Tertullien ou chez Jean Chrysostome, ces écrits demandent à être contextualisés. Quels étaient les adversaires effectivement visés ? Étaient-ce les juifs ou des judéo-chrétiens impossibles à intégrer dans la nouvelle Église en formation ? Ces polémiques elles-mêmes témoignent en faveur d’un dialogue qui prolonge le dialogue déjà interne aux textes scripturaires.
L’étude des relations entre les deux communautés juive et chrétienne ne se limite pas à celle de la controverse. Des dialogues existaient, avec la possibilité d’un apport et d’un enrichissement mutuel. Nous rechercherons alors comment ces dialogues ont modifié les frontières, tant sur le plan de l’exégèse que de l’histoire (utilisation de l’œuvre de Flavius Josèphe comme « cinquième évangile »), de la philologie (adoption par les lettrés chrétiens des exemplaires bibliques corrigés par les juifs), de la littérature (influence de l’apologétique juive sur l’apologétique chrétienne, adoption par les chrétiens de l’héritage philonien) ou encore de la religion (autour d’Origène notamment et du contexte de la Césarée antique).
Pour ce projet récurrent, colloque annuel avec publication.

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