Prophétisme(s): entre normes et marginalités, orthodoxie et hétérodoxie

Journée d'étude organisée par Sébastien Milazzo

10 octobre 2014

CAEPR
Salle Saint Jean Baptiste
2 avenue Jean XXIII
Metz

Les différentes théories concernant le prophétisme ont donné lieu à un véritable foisonnement littéraire du Moyen-âge à l’époque moderne voire contemporaine. Des Quaestiones disputatae des Maîtres du XIIIème et XIVème siècles au Tractatus theologico politicus de Spinoza au XVIIème siècle en passant par le De veritate prophetica de Jérôme Savonarole à l’ère renaissant, l’histoire des idées a été pétrie de théories sur le prophétisme oscillant entre messianisme politique et réforme ecclésiale d’une part, et pouvoirs et contre-pouvoirs politiques d’autre part.

Le prophète apparaît, pour le moins, comme une figure anachronique dans son siècle, lequel est organiquement réglé par diverses codifications religieuses, juridiques, et philosophiques, codifications vis-à-vis desquels le prophète se situe régulièrement en porte-à-faux. Anachronique parce qu’il annonce —ou prévoit— l’avenir, le prophète est une figure qui dérange, voire déstabilise l’ordre établi. Là où certains définiront le prophétisme comme un véritable contre-pouvoir tantôt séparé du pouvoir tantôt au cœur même du pouvoir —Réforme, Contre-Réforme, prophétisme cévenol—, d’autres, comme Thomas d’Aquin, tenteront de s’accommoder du prophétisme y voyant là la simple faculté doctorale de pouvoir expliquer les Ecritures : est prophète, celui qui interprète et enseigne les Ecritures. Même s’il interroge l’orthodoxie de l’institution à laquelle il appartient dans une subtile dialectique—et réciproquement—, le prophète interprète néanmoins par inspiration divine. La figure du prophète pose ainsi la question des rapports de force entre la codification orthodoxe des institutions religieuses, ecclésiales et politiques et la liberté de ton usitée —parfois jugée hétérodoxe— par la prédication prophétique.

Nul n’est prophète en son pays, et c’est bien souvent a posteriori que l’on reconnaît le geste prophétique, le qualifiant souvent a priori d’hétérodoxe voire d’hérétique. Cette tension atteint son paroxysme dès lors que les deux parties se réclament d’inspiration divine : l’Eglise et l’Etat d’un côté, le prophétisme de l’autre. Enfin, la définition thomasienne du prophétisme comme faculté d’expliquer les Ecritures à l’instar des autorités universitaires —magistrales— et ecclésiales —magistérielles— érige la question de l’herméneutique comme un véritable pouvoir à part entière : interpréter les Ecritures, ce n’est pas seulement appuyer un pouvoir, c’est déjà exercer un pouvoir.

En posant la question de la genèse, de la formation et des héritages des différentes théories et/ou littératures de prophétisme, cette manifestation scientifique s’intègre dans le troisième programme du centre de recherche Écritures (EA3943) intitulé « Le christianisme et ses héritages dans la société et dans les textes ». Consécutif au séminaire de recherches consacré aux « Attentes messianiques » (2011-2013) et concomitant au séminaire intitulé « Exode et exil : représentations et relectures textuelles » (2013-2015) de ce programme, cette journée d’études consacrée aux prophétismes entend ainsi trouver une authentique cohérence organique avec l’ensemble du troisième programme de recherches du Centre Ecritures. Comment les textes chrétiens –ici les grands traités concernant le prophétisme– demeurent-ils des matrices d’écriture aujourd’hui ? Comment les concepts chrétiens –ici le prophétisme– innervent-ils toujours notre manière de penser le monde et la destinée humaine ?

Une deuxième journée sur le même thème sera organisée en mars 2015 à Strasbourg. Ces deux journées sont transversales sur le plan disciplinaire et amèneront des collègues de lettres, de philosophie, de sciences politiques et de théologie à un regard croisé concernant la thématique du prophétisme.

 

Rethinking the Boundaries of
Sapiential Traditions in Ancient Judaism

Third International Symposium on Jewish and Christian Literature from the Hellenistic and Roman Period

 

21-23 octobre 2014, Metz

MSH Lorraine - Université de Lorraine - Metz - France

Responsables scientifiques:

Jean-Sébastien Rey, Université de Lorraine
Hindy Najman, Yale University
Eibert Tigchelaar, KU Leuven

Dans le cadre du projet de recherche "Transmission, Transformation and the Vitality of Wisdom in Jewish Antiquity" (WISDOM) de la MSH Lorraine en partenariat avec le centre Ecritures (EA 3943)

 

Lieu

Salle du séminaire de la MSH Lorraine (402)
4e étage, UFR Sciences Humaines et Sociales
Campus du Saulcy - Metz

Renseignements

Sandrine D'Alimonte + 33(0)3 87 31 58 32 | Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Si les études relatives à la littérature de sagesse se sont multipliées substantiellement ces vingt dernières années, peu d’attention a été portée à la définition même du concept de sagesse dans le judaïsme ancien. La découverte des manuscrits de la mer Morte et l’intérêt nouveau pour la fluidité des traditions textuelles ultérieures jettent une lumière nouvelle et remettent en question les anciennes tentatives de catégorisations et de compartimentations des textes. Que représente précisément la « sagesse » ? Est-ce une catégorie objectivable ? Est-elle définissable en termes de corpus ou de genre littéraire ?

Traditionnellement, les chercheurs ont modelé leur conception de la sagesse juive ancienne sur la base d’un corpus de textes bibliques, essentiellement Proverbes, Job et Qohelet auquels on ajoutera aisément Ben Sira et la Sagesse de Salomon. Cependant, la sagesse n’est certainement pas une catégorie statique, et à partir du deuxième siècle avant notre ère, en commençant par Ben Sira, les discours sapientiaux témoignent d’une profonde mutation. Non seulement ces discours diffèrent de manière significative des textes précédents, mais encore, ils se diffusent dans toute une série de genres littéraires différents : liturgiques, poétiques, législatifs, cosmologiques, etc.

Cette diffusion de la terminologie sapientielle et de ses cadres conceptuels invite les chercheurs à s’interroger et à repenser les catégorisations et les classifications existantes. Les tentatives de définitions d’un genre littéraire de sagesse sur la base de caractéristiques stylistiques ou thématiques obscurcissent le débat plus qu’elles ne l’éclairent et d’autres modèles doivent être construits. Dans les manuscrits de la mer Morte, comme dans la tradition textuelle juive ancienne, les distinctions traditionnelles entre sage, prophète et scribes semblent se recouvrir, voire s’étioler. De telles considérations imposent non seulement de reconsidérer l’étendue de la sagesse dans la littérature juive ancienne, mais également, et par voie de conséquence, de repenser la manière dont le concept de sagesse peut se définir.

En partant de l’analyse des textes et du cadre linguistique que les manuscrits nous fournissent, les intervenants chercheront à repenser les définitions existantes de la littérature de sagesse sur la base d’analyses philologiques, conceptuelles et philosophiques. Les études considéreront les affinités linguistiques de la terminologie sapientielle au-delà de la frontière traditionnelle entre textes sapientiaux et non sapientiaux. Plutôt que de se demander comment un texte rentre dans une catégorie donnée, ou quelle partie de tel ou tel texte est sapientielle ou pas, les chercheurs sont invités à répondre à un certain nombre de questions : qu’est-ce qu’un sage ? Ou se trouve la sagesse ? Qui peut acquérir la sagesse et qui en est dépourvu ? Peut-on enseigner la sagesse ? Et auquel cas, qui l’enseigne ? Quelles sont les manifestations de la sagesse ? Quel est le chemin de la vie bonne ? Qu’est-ce que la perfection ?

On considérera la place et la fonction de la terminologie de sapientielles, les concepts et les caractéristiques formelles de la sagesse à travers la littérature juive ancienne. L’objectif est de repenser et de réexaminer le concept de sagesse et la figure du sage dans le judaïsme ancien.

Reconfiguring the Study of Ancient Hebrew

The Seventh International Symposium on the Hebrew of the Dead Sea Scrolls

Strasbourg, June 22-25 2014

Programme

Centre culturel Saint Thomas
2, rue de la Carpe-Haute
67000 Strasbourg

Organizing committee: Jan Joosten (Université de Strasbourg), Dan Machiela (McMaster university), Jean-Sébastien Rey (Université de Lorraine)

 

 

Théologies et sciences : compréhension du monde et de l'homme regards croisés

Colloque en l'honneur de Jacques Fantino

19 au 21 juin 2014

Programme

CAEPR
Salle Saint Jean Baptiste
2 avenue Jean XXIII
Metz

Organisé par Elena Di Pede et Jean-Sébastien Rey pour le centre Ecritures (UL - Metz)

 

Attentes messianiques

Journée d'étude - vendredi 2 décembre 2011

Centre de recherche "Ecritures"
CAEPR
2, avenue Jean XXIII
Metz

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